Les pantins soldats

Les balles filent comme les tisseurs,
Dès qu’une tête sort des tranchées.
La tête dans la boue,
Les pieds protégés,
Pour éviter que la mort s’offre a nous.
Mourir pour qui ? Mourir pour quoi ?
Les soldats attendent pour ne pas se faire tuer,
Mais attendent le moment de leur mort.
Le champ de bataille est gris comme le démon,
Et bosselé par les obus qui tombent comme la pluie.
Assaillir ou déserter, le résultat est le même,
Tués par les ennemis de devant,
ou par les tyrans de derrière,
Ils sont ceux qui tirent les fils de ta vie.
Des pantins sans aucune haine,
Qui sont obligés de tuer
D’autres pantins sans haine non plus.
Ce sac de nœuds était-il nécessaire ?
Le col du Linge est resté solitaire.

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