Entretien avec Barbara PACK, gardienne de la paix

Pour réaliser cet article, j’ai décidé d’interviewer une femme, afin d’avoir un autre regard sur la Police. Elle se nomme Barbara PACK, elle a 43 ans et travaille au commissariat central de Strasbourg.

Barbara PACK est policière, « gardien de la paix », selon son expression. Après avoir travaillé sept ans au « roulement », (intervention suite aux appels du 17), elle a choisi d’intégrer les vacations funéraires et expulsions locatives. Elle m’a expliqué que son métier consiste d’une part à fermer et sceller les cercueils des personnes dont il est prévu qu’ils quittent Strasbourg. Le but est d’éviter qu’un individu ouvre le cercueil et y mette des choses. Une fois le cercueil fermé et scellé, il faut qu’elle mette un tampon de cire avec écrit dessus « police nationale de Strasbourg ». Et dans un second temps elle doit mener des enquêtes sur ordre du Préfet, concernant des personnes n’ayant pas payé leur loyer depuis longtemps avant la prise de décision d’une expulsion du logement.

Le parcours scolaire classique pour être gardien de la paix est d’avoir le bac et de réussir un concours et de faire une année à l’école de police pour apprendre le métier. Puis il faut passer d’autres concours et effectuer d’autres formations pour évoluer dans les grades. Pour devenir adjoint de sécurité (contrat de 5 ans) il n’y a pas besoin de diplôme spécial, mais il faut passer un concours.

Concernant son parcours professionnel, après la 3ème elle a effectué deux ans d’apprentissage puis elle a travaillé 13 ans en usine. Elle s’est reconvertie et a passé le concours de gardien de la paix.
Barbara n’a aucune spécialité, mais m’en a cité quelques unes. Il y a la police scientifique, la police judiciaire (PJ), la Brigade Anti-criminalité (BAC), les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), le Groupe d’Intervention Police National (GIPN), etc…

Barbara travaille seule ou en binôme, ils sont quatre en tout dans son service. Elle travaille en collaboration, notamment avec les hôpitaux (morgues), des cliniques, l’IML (autopsies), et toutes les pompes funèbres de Strasbourg. Elles a cinq supérieurs ayant des grades différents ( major, lieutenant, commandant, commissaire, et directeur). Pour travailler elle est habillée en civil avec son arme et son gilet par balles qui sont obligatoires. L’arme ne doit être utilisée qu’en légitime défense, elle a l’obligation de s’entraîner à tirer au moins trois fois par an. Bien évidemment elle ne travaille pas qu’uniquement pour Strasbourg mais aussi pour les alentours comme Schiltigheim, Illkirch, Entzheim, Hoenheim, Oswalt.

Barbara a choisi ce métier car elle voulait porter secours aux personnes, faire respecter la loi. Sa principale satisfaction c’est de rendre service aux familles qui sont en deuil, de les soutenir. Etre une femme permet parfois d’être plus à l’écoute de la personne. L’inconvénient de cette activité c’est qu’on voit des morts toute la journée. Quand il s’agit de bébés c’est particulièrement difficile à supporter, surtout quand on est maman. Et puis c’est parfois difficile d’être une femme dans la police, car c’est un monde d’hommes. Il faut avoir beaucoup de caractère et savoir s’affirmer au quotidien, particulièrement sur les interventions car la force physique n’est pas la même.

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